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La charge mentale ne se règle pas en répartissant les tâches

Par · · 6 min de lecture

Se partager les tâches ne suffit pas si une seule personne continue de penser à tout. Ce qui se répartit mal, c'est l'anticipation.

C'est le sujet où j'ai le plus changé d'avis. J'ai longtemps cru que le problème était un déséquilibre d'exécution, et qu'un partage plus juste des tâches le résoudrait. Ça ne le résout pas, et je comprends mieux pourquoi.

Deux choses différentes

Exécuter une tâche, c'est la faire. La porter, c'est savoir qu'elle existe, à quel moment elle doit être faite, ce qu'elle suppose en amont, et vérifier qu'elle l'a été.

Le partage porte presque toujours sur l'exécution. Le portage, lui, reste souvent sur une seule personne — celle qui doit demander, rappeler, anticiper. Et c'est ce portage qui est fatigant, parce qu'il ne s'arrête jamais, y compris quand on ne fait rien.

« Tu n'as qu'à me dire ce qu'il faut faire » ne partage pas la charge. Ça la confirme : celui qui dit est celui qui porte.

Ce qui change quelque chose

Ce qui ne marche pas

Les listes établies par une seule personne à l'intention de l'autre : elles ne font que rendre visible le portage sans le déplacer. Et le rééquilibrage ponctuel dans un moment de tension, qui tient quelques jours parce qu'il n'a rien changé à l'organisation.

Le cas des familles monoparentales

Il faut le dire, parce que tout ce qui précède suppose deux adultes : dans une famille monoparentale, le portage n'est pas répartissable. Les seuls leviers sont alors d'alléger — externaliser ce qui peut l'être, baisser volontairement le niveau d'exigence sur certains domaines, et solliciter les relais qui existent, associatifs ou publics.

Ce n'est pas une solution satisfaisante, et je préfère l'écrire ainsi plutôt que de proposer une méthode d'organisation à quelqu'un dont le problème n'est pas l'organisation.

Portrait de Elodie Mazeau

Rédactrice en chef · Parentalité du quotidien

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